Livres d'artiste

Boris Vian

Quatre nouvelles illustrées par Claudine Kasper

20 illustrations en couleurs hors texte
Tirage : 20 exemplaires, numérotés de 1 à 20
(ainsi que 3 exemplaires hors-commerce

pour les besoins de l'éditeur)
Achevé d'imprimer : 15 mai 2015
Format : 33 x 33 cm ; 132 pages
En feuilles, sous double emboîtage d’édition
Impression en Helvetica sur vélin d’Arches pur chiffon
Chaque exemplaire comporte
une suite des 20 planches hors texte en couleurs

Les 10 premiers exemplaires, numérotés de 1 à 10, constituent le tirage de tête de cette édition :

ils sont justifiés par la signature de l’artiste

et enrichis par deux compositions originales

Boris Vian (1920-1959)

Ingénieur de formation, Vian débute sa carrière artistique en tant que trompettiste dans les clubs de jazz de Saint-Germain-des-Prés. Malgré le succès et le scandale provoqué par les pastiches de romans noirs américains qu'il écrit sous le pseudonyme

de Vernon Sullivan, parmi lesquels J'irai cracher sur vos tombes, l'un des best-sellers de l'année 1947, Et on tuera tous les affreux et Les morts ont tous la même peau, les romans qu'il publie sous son véritable nom dans les années d'après-guerre, Vercoquin

et le plancton, L'écume des jours ou encore L'arrache-cœur,

ne lui apportent pas la notoriété escomptée. Celle-ci viendra

à titre posthume. En effet, depuis plus de quarante années,

la distribution de l'œuvre de Boris Vian se chiffre en millions d'exemplaires, tous titres confondus. Également auteur de pièces de théâtre, de chansons et de poèmes, de critiques musicales, Vian mêle dans ses romans humour et mélancolie à une écriture poétique qui met en valeur son imagination débordante. Malade du coeur depuis l'adolescence, il succombe à l'âge de 39 ans,

En effet, le matin du 23 juin 1959, il assiste à la première de J'irai cracher sur vos tombes, film inspiré de son roman. Il a déjà combattu les producteurs, sûrs de leur interprétation de son travail, et publiquement dénoncé le film, annonçant qu'il souhaitait faire enlever son nom du générique. Quelques minutes après

le début du film, au cinéma Marbœuf, il s'effondre dans son siège et meurt d'une crise cardiaque en route vers l'hôpital. Il avait toujours dit qu'il n'aurait jamais 40 ans. Le Collège de «Pataphysique» annonce la mort apparente du «Transcendant Satrape». Vian laisse derrière lui une œuvre riche et variée

qui reste à ce jour inimitée. Un univers volontiers considéré comme onirique, absurde, drôle, cruel et désenchanté.

 

 

Claudine Kasper

Claudine Kasper est née le 23 janvier 1966 à Genève. Après

des études au Collège Claparède en section Arts Visuels,

elle suit un enseignement de graphisme à l'École des Arts Décoratifs et obtient son CFC en 1991. Cette année-là, elle crée à Carouge l'atelier de graphisme Tiramisù. Parallèlement

à son activité de graphiste, Claudine Kasper développe

des projets artistiques personnels : luminaires, objets graphiques, objets détournés de leur fonction, t-shirts, illustrations

aux techniques très mixtes... Elle aime les tampons, le plâtre, les superpositions, le monotype, les mots et la typographie

qui les compose. Elle a coréalisé avec Francesco Cesalli

un DVD d'art intitulé Couleur Carouge.

 

 

Les fourmis

Texte publié pour la première fois en 1946 dans la revue

«Les temps modernes».
La guerre. Des soldats débarquent sur une plage. Difficile progression derrière un tank ; rafales de mitraillettes, grenades, lance-flammes, cadavres entiers ou en morceaux. À la suite

d'une attaque aérienne, le groupe est décimé. Le narrateur pense à Jacqueline et à sa prochaine permission, dans quinze jours. Mais il pose le pied sur une mine. Après le déclic, il s'arrête net ; jambe immobilisée. Position d'autant plus inconfortable qu'il lui vient des fourmis...

 

 

L'écrevisse

Texte publié pour la première fois en 1949 (In Les fourmis ; Paris, Éditions du Scorpion).

Jacques Théjardin attrape l'éclanchelle en jouant du flûtiau bourru lors d'un concert qu'il donne avec l'orchestre de musique de chambre dont il est membre. La faute à un mauvais courant d'air ! Il souffre et son corps se déforme. Ni le tilleul, que lui apporte

sa logeuse, ni l'aspirine ne le soulagent. De plus, il devient mou et sa tête lui fait horriblement mal. Il la coupe lui-même

et entreprend de la faire bouillir. Mais la mort l'emporte avant

qu'il n'ait pu terminer le travail.

 

 

Les chiens, le désir et la mort

Texte publié pour la première fois en 1948 (In Les morts ont tous la même peau ; Paris, Éditions du Scorpion).

La veille de son exécution, un chauffeur de taxi new-yorkais raconte sa troublante relation avec Slacks, une jeune femme qu'il va chercher tous les soirs, vers une heure, à la sortie d'une boîte de nuit du Bronx. Il lui laisse le volant. Slacks roule vite et prend plaisir à renverser des chiens. Dérive obsessionnelle ; ces accidents l'excitent sexuellement. Mais une nuit, il lui faut plus. Elle fonce sur un couple et accroche la fille par la hanche.

La police lance la chasse et Slacks accèlère. L'extase ! L'arbre, qu'elle ne voit pas et dans lequel elle s'écrase à pleine vitesse.

Et la mort, fatalement.

 

 

Le voyeur

Texte publié pour la première fois en 1951 dans la revue «Sensations».
Jean passe ses vacances d'hiver à Vallyeuse, un petit village

de montagne calme et peu touristique. Dans le même hôtel

que lui séjournent trois femmes qui, tous les jours, partent tôt faire du ski et ne reviennent que pour le souper. Sans raison, Jean, Leni, Laurence et Luce entretiennent des rapports tendus. Lors d'une sortie à ski, Jean chute et se blesse à une cheville.

En rentrant au hameau, il aperçoit les trois femmes. Elles sont nues dans la neige et s'adonnent à des jeux érotiques. Surprises, elles se fâchent et assomment Jean, qu'elles transforment

en bonhomme de neige et abandonnent dans l'immensité blanche.

Yves Martina [ éditeur ]

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