Livres d'artiste

Guy de Maupassant

Trois nouvelles illustrées par Georges Branche

26 illustrations en couleurs, dont 24 planches hors texte
(technique : huile)
Tirage : 24 exemplaires, numérotés de 1 à 24
Achevé d'imprimer le 19 mars 2006
Format : 33 x 33 cm ; 124 pages
En feuilles, sous double emboîtage d’édition
(cartonnage toilé et étui en plexiglas brossé)
Impression en Garamond italique

sur vélin d’Arches pur chiffon
Chaque exemplaire est enrichi d’une composition originale et d’une suite des 26 illustrations,

numérotées et signées par l’artiste

Guy de Maupassant (1850-1893)

Plus que toute autre, la vie de Guy de Maupassant semble une peau de chagrin : en dix ans seulement s'édifie toute son œuvre, abondante et variée : trois cents contes, cinq romans et plus de deux cent soixante nouvelles. Puis la folie et la mort l'ont emporté, le préservant de cette dégradation perfide évoquée avec angoisse dans nombre de ses écrits. Il aura été, d'une part,

le «taureau normand» (l'image est de Paul Morand), l'homme fort, épris de canotage, l'écrivain à succès, l'homme à femmes, reçu dans le monde, et, d'autre part, le névrosé (avec un zeste

de paranoïa), éthéromane, syphilitique, anxieux, fasciné par le morbide, condamné par son hérédité (une mère étrange, un frère dément), voué à un don juanisme pathologique et, de surcroît, suicidaire. Son œuvre porte la marque de toutes ces tensions,

de toutes ces aspirations aux paradis (naturels et artificiels)

et de cette fascination des enfers. Son univers a la couleur

du sang, car il est essentiellement tragique, et les personnages sont des condamnés à mort qui ressassent leur mal. Ce qui les détruit n'est pas tant la mort que l'obsession de la mort qui mine de l'intérieur. Les psychiatres y ont trouvé leur pâture :

la description clinique de la maladie mentale, sous ses diverses modalités, est remarquable dans toute son œuvre. De la débilité

à la démence, de l'hallucination à la perversion, presque tout y est, et bien décrit. Sa lucidité, autant que son génie de styliste, expliquent son immense influence et font de Maupassant

le représentant le plus accompli de l'école naturaliste, le plus durable aussi sans doute.

 

 

Georges Branche

Éternel voyageur, Georges Branche appartient à ces mondes merveilleux où la réalité prend soudain les couleurs du rêve,

d'un rêve fou mais possible, sans contour précis, comme ceux qui berçaient notre enfance. Entrer dans son univers, c'est retrouver des émotions, des souvenirs que l'on croyait oubliés.

Sa peinture nous entraîne vers des horizons,des confins que

l'on espérait plus atteindre, tant ils nous semblaient lointains

ou à jamais perdus. Ses œuvres nous replongent au plus profond de notre inconscient collectif traversé par des lueurs indéfinies qui nimbent des espaces vierges d'empreintes humaines. Branche est un homme de cœur ; pour en être persuadé,

il suffit de regarder non seulement ses peintures, mais aussi

ses étonnantes figurines (ses gueules !) qui émeuvent et qui font parfois un peu froid dans le dos ! Des sculptures dont on sent bien qu'elles ne sont pas nées du hasard mais de la nécessité ! Comme si Branche avait besoin de temps en temps de se coltiner avec une réalité qui ne l'a jamais laissé tout à fait en paix. Réalité humaine, des visages,des corps. Réalité de la pauvreté, résurgence des années trente et d'une enfance difficile.

 

Le horla

Première parution dans «Gil Blas», du 26 octobre 1886.
Version définitive rédigée en 1887.
Un homme tient le journal de sa folie. Maux de tête, malaises inexplicables, sensation d’un danger imminent, irritation, cauchemars, frissons d’angoisse, visions macabres,  hallucinations sont autant de symptômes alarmants

qui l’amènent à croire qu’un esprit surnaturel régit sa vie.

Cet être mystérieux qui le guide et le commande, c’est

«le horla». Pour lui échapper, pour ne plus être son esclave

ni son jouet, il incendie vainement sa maison.

 

 

Fou ?

Première parution dans «Gil Blas», du 23 août 1882.
Édition définitive du texte en 1893.

L’auteur d’un journal intime, aujourd’hui interné, est un homme qui a aimé passionnément. D’un amour si extrême qu’il s’est cru envoûté par la femme à laquelle il s’est donné corps et âme. Lorsqu’elle s’est désintéressée de lui – sans toutefois le quitter – il est devenu la proie d’une douleur abominable : la jalousie. Il n’y avait que la mort pour se libérer d’une emprise aussi féroce.

Le suicide était une alternative, l’assassinat une autre.

La jalousie justifiait-elle ce choix ?

 

 

La chevelure

Première parution dans « Gil Blas », du 13 mai 1884.

Le narrateur achète un meuble antique et découvre, dissimulée dans le double fond d’un tiroir, une mèche de cheveux blonds. Cette trouvaille, en apparence anodine, se transforme en obsession amoureuse et érotique. Il ne peut plus se séparer

de cet objet et vit désormais une passion morbide avec la défunte inconnue qui a jadis porté cette chevelure qu’il câline et exhibe avant d’être interné dans un asile psychiatrique.

Yves Martina [ éditeur ]

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