Livres d'artiste

Max Frisch

Barbe-Bleue, récit illustré par Patrick Tondeux

40 illustrations, dont 25 planches hors texte en couleurs

et 15 vignettes en noir dans le texte
Tirage : 25 exemplaires, numérotés de 1 à 25
(ainsi que 4 exemplaires hors-commerce

pour les besoins de l'éditeur)

Achevé d'imprimer : 15 mai 2015
Format : 33 x 33 cm ; 216 pages
En feuilles, sous double emboîtage d’édition
Impression en Helvetica sur vélin d’Arches pur chiffon
Chaque exemplaire comporte une suite

des 25 illustrations en couleurs
Les 10 premiers exemplaires, numérotés de 1 à 10, constituent le tirage de tête de cette édition :

ils sont justifiés par la signature de l’artiste

et enrichis par deux compositions originales en couleurs

1/25

Max Frisch (1911-1991)

Suisse de langue allemande, Max Frisch est journaliste

et architecte avant d'être écrivain. C'est un auteur souvent associé à son compatriote et cadet de dix ans, Friedrich Dürrenmatt qui, comme lui, est une figure majeure des Lettres helvétiques. Frisch a vécu à Rome, à Berlin, à New-York à Zurich et au Tessin, lieux souvent liés à des femmes qui ne sont pas sans point commun avec celles de son Barbe-Bleue... Il est l'auteur d'une œuvre étrange et déroutante où le quotidien se joue de la métaphysique, en paraissant à la fois l'appeler et la désavouer. Et dont

la dimension ludique, toujours présente, permet d'échapper au désespoir de ne jamais être qu'un humain qui subit son destin.

La dimension autobiographique dans les textes de Frisch est

une évidence, mais elle se fait sous une forme distanciée. L'auteur est aussi un moraliste ; il se soucie des intentions,

des arrière-pensées, de la bonne foi de ses personnages autant que de leurs données psychologiques. C'est un poseur de questions ; les réponses ne l'intéressent guère. À l'heure où il fait bon donner des leçons, c'est une attitude plutôt plaisante. Pour écrire Barbe-Bleue, Frisch s'inspire bien sûr du conte de Perrault, mais aussi d'un fait divers qui a eu lieu à Winterthour. Le projet devient donc un récit assez court dont l'essentiel est constitué

de dialogues, ponctués d'incursions à la première personne, commentaires, évocations, interrogations, dépouillés de tout bavardage, à la limite de la sécheresse. Frisch veut essayer

de voir jusqu'où il lui est possible de se retirer comme narrateur, pour ne plus garder en mains que les fils du manipulateur. «Cela me fascine de plus en plus : comme on peut aller loin en se mettant de côté» dit-il après avoir déposé son manuscrit.

 

 

Patrick Tondeux

[Source : maisondudessindepresse.ch]
Il arbore une allure de marin et affiche un tracé fin et aérien.
Des qualités que le dessinateur présente dès le premier coup
de pinceau. Ses origines niçoises y sont peut-être pour quelque chose ! Né en 1949, Patrick Tondeux quitte sept ans plus tard
la Côte d’Azur pour Genève. Il entame par la suite des études
de graphiste, un métier qu’il exerce toujours comme indépendant. Avec une consœur, il fonde sa propre agence de graphisme Kohler & Tondeux. Grâce à une rencontre avec le journaliste Claude Monnier dans le courant des années 1980, il prend en charge la direction artistique du «Temps stratégique». Dès 2004, il illustre régulièrement les comptes rendus de procès pour

la «Tribune de Genève» ou la Télévision suisse romande.

 

Barbe-Bleue

Première édition en 1982, traduction française en 1984 (Paris, Gallimard).

Accusé d'avoir assassiné la septième et dernière

de ses épouses, le docteur Felix Schaad est acquitté, faute

de preuves. L'homme ne se sent pas libéré pour autant

des soupçons qui pesaient sur lui. Jouer au billard, aller

au sauna ou partir en voyage n'empêchent pas les questions

du procureur de le harceler. Schaad – hanté par son procès

(ou est-ce celui qu'il s'intente à lui-même ?) – est-il crédible comme innocent ou indubitablement coupable ? L'incertitude demeurera : sur la route qui mène à son village natal, Schaad perd volontairement la maîtrise de son véhicule et se jette contre un arbre... Durant le monologue intérieur au cours duquel Felix Schaad revit son procès, ni l'auteur, ni le héros, ni le procureur,

ni les témoins ne peuvent trancher : le récit laisse en suspens toute possibilité de jugement, comme si la réalité demeurait hors d'atteinte pour la justice et la moralité. Reste au lecteur à

se décider sans preuve ou à accepter de renoncer aux solutions faciles…

Yves Martina [ éditeur ]

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