Livres d'artiste

Charles Ferdinand Ramuz

Quatre nouvelles illustrées par Michel Martina

30 illustrations en couleurs, dont 24 planches hors texte
(technique : fusain et sanguine)
Tirage : 25 exemplaires, numérotés de 1 à 25
(ainsi qu'un exemplaire hors-commerce

réservé aux ayant droits de l'auteur)
Achevé d'imprimer le 19 mars 2006
Format : 33 x 33 cm ; 129 pages
En feuilles, sous double emboîtage d’édition
(cartonnage toilé et étui en plexiglas brossé)
Impression en Garamond italique

sur vélin d’Arches pur chiffon
Chaque exemplaire est enrichi d’un dessin original

et d’une suite des 30 illustrations,

numérotées et signées par l’artiste

Charles Ferdinand Ramuz (1878-1947)

Né et mort à Lausanne. Ramuz débute par l'enseignement,

à Aubonne et à Weimar. Comme il veut devenir écrivain,

il s'installe à Paris de 1903 à 1914. Très tôt, il sent intensément le besoin de communiquer avec les hommes de son pays, même s'il cherche à dépasser le cadre de la montagne et du lac,

qui l'obsèdent, pour devenir «un vrai mystique du cosmos» selon l'expression de son ami Cingria. Ramuz ne cesse de conférer

à ses textes un souffle qui, passant du pathétique au tragique

et à l'épique, gagne en puissance et en expressivité symbolique. Il s'assure une audience plus internationale que les régionalistes français par un sens du tragique quotidien et des menaces apocalyptiques qui confèrent à ses récits leur profonde originalité. Celle-ci procède aussi des audaces d'un style qui violente

la syntaxe. Le ton, le rythme, les images agressent

et bouleversent le lecteur en lui communiquant, selon le vœu

de l'auteur, une foi en l'homme et un besoin de dépassement. C'est assez pour faire de Ramuz un auteur de premier plan

en même temps que l'orgueil justifié des lettres suisses romandes.

 

 

Michel Martina

Originaire de Carouge, il étudie le graphisme à l'École des Arts industriels de Genève de 1947 à 1951 et la peinture en l'atelier d'Émilie Courvoisier. Pendant trente ans, il est chargé de cours puis doyen à l'École des Arts décoratifs de Genève tout

en poursuivant son idéal de peintre. Étranger, mais non indifférent, aux turbulences et aux impostures qui agitent le monde artistique actuel, il se livre totalement et avec la plus grande rigueur intellectuelle à sa passion, sans cesse nourrie au contact

de la nature, du ciel, de la terre, de l'eau, dont il veut témoigner des effets fugitifs et subtils offerts tous les jours à la vue

de chacun. Martina expose depuis 1970, en galeries ou musées, en Suisse romande et en France, à Paris notamment,

où deux de ses œuvres obtiennent des distinctions majeures

lors des Salons de 1978 et 1991, au Grand Palais des Champs-Élysées.

 

 

Le Tout Vieux

Texte publié pour la première fois en 1905 dans la revue

«La Voile Latine».

Croyant en Dieu souverain, le vieil Élie prie tous les jours

et respecte les commandements de la Bible. Ce qui ne l’empêche pas de vivre sous l’emprise de forces maléfiques, à moins que

ce ne soit les puissances tutélaires des montagnes. Son «Tout-Vieux», l’esprit diabolique qui le hante sans cesse, lui inflige

un châtiment atroce. Élie invoque vainement le Ciel ; seule la mort pourra le délivrer.

 

 

Le Lac aux demoiselles

Texte publié pour la première fois en 1944 (In Nouvelles ; Lausanne, Mermod).
Pierre, un berger, vit isolé dans une cabane de montagne.

Un jour, assis sur un rocher qui surplombe une étendue d’eau,

il réchauffe sur ses genoux un agneau nouveau-né et aperçoit,

en contrebas, deux demoiselles. L’une d’elles va se baigner dans l’eau limpide du lac. Leur présence profane la sacralité du lieu

et provoque le déséquilibre de Pierre qui, devra détruire l'image

de la jeune femme. Celle qui se reflète sur l’eau du lac comme celle qui hante sa mémoire.

 

 

Trois vallées

Texte publié pour la première fois en 1945 dans la revue

«Les Cahiers du Sud».

Trois vallées sont séparées par trois massifs rocailleux.

La première est d’accès facile, ce qui a permis la construction

de voies de communication et le développement d’une industrie hôtelière qui attire les touristes. La deuxième est habitée

par des paysans pauvres dont la principale activité est

la contrebande du tabac. La troisième est une zone inhabitée

par les humains. On y a envoyé des ouvriers pour construire

des digues, ils ne sont jamais revenus.

 

 

La punition par le feu

Texte publié pour la première fois en 1910 (In Nouvelles

et morceaux ; Lausanne, Payot).
Une maison en feu, une fausse couche, le décès d’Emma

et la plaie incurable dont souffre Jean, son mari, après

une chute en montagne et qui se confesse pour expier

ses péchés avant sa mort, sont autant d’éléments interprétés comme une conséquence des actes coupables accomplis

par les victimes, comme la manifestation de la colère d’un Dieu justicier qui veille sur le monde, comble les hommes intègres

et châtie les mauvais.

Yves Martina [ éditeur ]

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